Insertion professionnelle et accompagnement des jeunes : pour un vrai projet en concertation avec les acteurs de terrain !

Corinne Parmentier, conseillère territoriale, est intervenue, le 11 juillet 2017, pour s’inquiéter de la création d’une nouvelle structure juridique pour l’insertion professionnelle des jeunes. Voici son intervention en séance.

 

 

Monsieur le président, mes chers collègues,

Il nous est soumis ce soir une délibération pour la constitution d’un groupement d’intérêt public  en remplacement des associations garantissant aujourd’hui les multiples facettes de l’accompagnement des jeunes et l’insertion professionnelle via les missions locales et via les maisons de l’emploi présentes sur nos communes. Si nous pouvons voir un intérêt à mutualiser les différentes structures associatives dans l’intérêt territorial, nous pouvons avoir certains doutes à ce stade sur l’intérêt d’une telle structure.

En effet, il nous est proposé de voter pour une structure juridique et les modalités de sa gouvernance. N’aurait-il pas été préférable de proposer un projet pour ensuite en définir la structure la plus adaptée ? Depuis plus d’un an, nous avons renouveler nos interventions question, vœux, mails avec toujours les même réponses : « un projet est en cours », force est de constater que créer une structure n’est pas un projet et que de nombreuses questions sont à ce stade sans réponse.

  • Que se passe-t-il pour les antennes locales présentes dans de nombreuses communes de notre territoire ?
  • Considère-t-on que la délocalisation d’un service de proximité est neutre au regard de l’accueil et du suivi des usagers ?
  • Quelle répartition géographique est retenue ?
  • Quels sont les effectifs en personnel qui sont affectés à cette structure et sur quelles missions.

Concernant la gouvernance vous proposez 4 représentants, sur quelle base de répartition, aucun siège à l’opposition ? D’autres représentants sont proposés la CCI CMA le medef92 et la CPME. Nous nous interrogeons sur l’absence d’acteurs comme la CAF92, l’ARS, les instances de logements ; partenaires indispensables et incontournables dans le suivi des jeunes de la mission locale mais aussi des chercheurs d’emplois en difficultés.

Une réponse peut toutefois être déduite au regard du CA, 1,3 M de baisse de charges de personnel et un budget emploi en berne. Alors si aucune réponse n’est donnée dans cette délibération sur le projet, sur les objectifs du territoire en matière d’emploi et de suivi des jeunes, un objectif semble clairement se dessiner en matière de réduction budgétaire dans ce domaine.

En parallèle, vous le savez, la M le préfet dans ses dernières recommandations affirme qu’il sera fait un lien direct entre les financements de l’Etat et les résultats ne matière d’insertion. Il y a d’ores et déjà un lien entre le financement des dispositifs d’insertion du PACEA (Le parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie) « garantie jeune » « CAE-CIE » par les dotations de l’état sur le nombre de bénéficiaires. Enfin la fusion de ces deux entités, mission locale et MDE au sein d’une seule et même structure aurait pour conséquence la disparition leur personnalité morale respective.

Le label « mission locale » disparait-il ? Quel sera donc le lien avec le reseau des Missions Locales, l’UMNL, le délégué ministériel

Tous ces points menacent donc directement la capacité de cette structure à conserver ses moyens de financements actuels et son réseau d’intervenants

Le groupe socialiste et apparenté votera contre cette délibération. Contre la forme, aucune concertation, aucun comité de pilotage, aucune note d’orientation ni même d’objectif si ce n’est celui évident d’une restriction budgétaire. Contre le fond, qui peut penser qu’en réduisant les personnels et les moyens, en délocalisant un service de proximité en lien avec les services sociaux et les instances spécialisées dans l’accompagnement et le suivi de jeunes et des demandeurs d’emploi nous obtiendrons des  résultats satisfaisant en matière d’insertion professionnelle.

Nous vous invitons M le président à prendre le temps du projet pour un vrai service de l’emploi et de l’accompagnement des jeunes, d’examiner les possibilités de mutualisation non pas au regard des économies budgétaire à en percevoir mais par l’efficacité et la mutualisation d’expérience des personnels de terrain et de ne pas hésiter à avoir recours aux élus de terrain ainsi qu’aux professionnels de l’insertion pour mener à bien ce projet dans le respect des structures juridiques.

 

 

 

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